22 janvier 2008

Et la fameuse remise de diplômes

5h15 samedi matin : driiiiing. Après 2 week-ends de répétitions, le grand jour est enfin arrivé, c'est la cérémonie de remise de diplômes. Et ça commence tôt ! Pour y être avant 7h, je dois partir à 6h. Tuk-tuk, bus, métro. Apparemment les employés du métro ont reçu une formation spéciale pour les étrangers. Mais comme je ne suis pas une touriste, ça coince. Quand je parle thaï, ils me répondent presque toujours en anglais, et me demandent toujours de répéter, alors qu'en général je me fais comprendre sans trop problème. Comme d'habitude je demande mon ticket en thaï, et cette fois-ci le monsieur me demande (en thaï pour une fois) : vous avez déjà pris le métro ? Heu, oui, ça va, je maîtrise plutôt bien ! Je n'ai pourtant pas l'air d'une touriste en goguette.

6h30 : je rentre dans le métro. Oh mais il y a plein d'étudiants d'ABAC là-dedans ! Certains ont déjà revêtu leur toge. Et se servent de leur chapeau comme d'un garde-manger. Humm, c'est pas une très bonne idée ça !

6h50 : j'arrive au vestiaire des profs. Une prof chinoise, de Malaisie me dit : "Jai yen yen" (coeur froid froid, zeeeeen), j'ai prié pour toi, tout se passera bien. Ah, merci, mais je ne m'inquiète pas ! (pour l'instant) Avant de revêtir la tenue adéquate, je m'accorde un 2ème petit-déjeuner. Cake au thon ? Brioche au porc séché ? Je me laisse finalement tenter par un roulé au moka, ça passera mieux à cette heure-ci.

7h10 : le président, le frère Bancha, passe par là, j'en profite pour lui demander de poser avec moi. Et il est déjà l'heure de retrouver les étudiants dans la grande salle.


7h30 : les portes se ferment. Les retardataires n'auront pas le droit de rentrer. Le vice vice-président rappelle les consignes : pas de bavardages, pas de téléphone, tenez-vous bien, soyez fiers de votre université...

8h : Bénédiction par le chapelain, quelques discours, et puis c'est parti. Environ 3000 étudiants vont se succéder sur la scène pour recevoir leur diplômes des mains du frère Bancha. L'ambiance est très solennelle. Les mouvements ont été répétés au millimètre près, et ça se voit.

vers 10h45 : c'est mon tour ! Je dois annoncer les noms des diplômés du département de français. 18 noms à prononcer. Certains font jusqu'à 10 syllabes ! Mais j'ai bien répété, ça devrait aller. Evidemment j'ai la bouche sèche avant de commencer, et j'ai envie de faire pipi, mais une fois lancée, tout va bien. Heureusement que je n'ai pas 530 étudiants, comme la chef du département d'anglais !

4 minutes plus tard : c'est terminé. Après avoir bu un verre d'eau, je retourne sur scène avec les autres profs. Enfin, ceux qui sont toujours là, parce qu'ils semblent que les profs soient dispensés de toute obligation... Certains répondent au téléphone, baillent aux corneilles, n'en finissent pas d'aller aux toilettes. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais, n'est-ce pas...

12h40 : serment d'allégeance et bénédiction finale. On peut enfin sortir, après avoir fait une haie d'honneur pour les étudiants.

13h : un beau buffet nous attend, ça fait du bien de discuter librement ! La doyenne et des collègues viennent me féliciter. Ca fait plaisir ! Allez, on remet ça l'année prochaine !

14 commentaires:

Gaï a dit…

et pour avoir entendu le nom des étudiants, je peux vous dire que c'était pas un exercice facile. Bravo

Maï a dit…

Merci ! :-)

C'est vrai que j'ai le fichier audio, enregistré par ma collègue, si certains sont intéressés, il n'y a qu'à demander !

Beaumont a dit…

Et est-ce que les étudiants de dernière année auront droit à la remise de diplôme par un membre de la famille royale ?

Je vais aller assister à la cérémonie d'une nièce et d'une cousine (rap parinya, de la main du Prince) mais on ne pourra pas rentrer, ce sera seulement de l'extérieur !

Maï a dit…

C'était les étudiants de dernière année. Je pense que comme on est une fac privée, la famille royale ne se déplace pas.

La cérémonie était à Soun Sirikit, et c'était comme pour tes nièce et cousine, les familles devaient attendre dehors. On m'a dit qu'ils pouvaient suivre les choses à la télé.

Carole a dit…

Coucou...

Ca avait l'air sympa cette remise de diplôme !
Bravo, t'as assuré comme un chef !
Bisous
A bientôt sur Msn ...

Flam' a dit…

Ca consiste en quoi le sermet d'allégeance?

Maï a dit…

Je n'ai pas le texte sous la main, mais c'est quelque chose du genre : je jure de respecter le roi et la religion, de faire honneur à mon université et à ses professeurs, de mettre en pratique les principes appris pendant mes études...

Très sérieux donc !

Flam' a dit…

En effet, ça rigole pas!
Ici, la fin des études est très solennelle. L'étudiant présente son mémoire devant ses enseignants, sa famille et ses amis. Il y a une salle rien que pour ça. Et puis il y a un fête et on voit l'étudiant se balader dans la fac avec une couronne de laurier.
Je trouve ça pas mal de marquer la fin des études, c'est une étape importante. Ca manque en France selon moi...

Beaumont a dit…

C'est vrai ça. Autant je déteste les cérémonies, autant je trouve bizarre qu'en France il n'y ait vraiment RIEN (en tout cas à la fac).

Je me rappelle avoir passé mon dernier exam, un oral, et être rentré tout seul, en me disant que c'était l'une des étapes les plus importantes de ma vie, la fin d'un long parcours et le début d'une autre aventure.

Après il faut encore prendre connaissance des résultats, et si on veut le bout de papier il faut payer les frais d'envoi et attendre que ça arrive par la Poste. C'est nul...

Anonyme a dit…

très intéressant vos réflexions au sujet de la remise de diplomes , en france le cérémonial a disparu après 1968 dans la plupart des écoles , universités et autres lieux de formation ; avec du recul on peut dire qu'entre le tout et le rien il eut fallu garder un juste milieu sans doute ( mais les révolutions sont quelquefois brutales ). essayons d'imaginer cela aujourd'hui dans les proportions citées par Maïwenn : au temps des trente cinq heures , des heures sup. , de la flexisécurité , de la compression de personnel , de la durée du travail....de la rentabilité immédiate des ressources humaines.....de la productivité....quand le leitmotiv est " gagner du temps... y a pas le temps...c'est trop cher ...qui va payer ...? " il faudrait parfois s'arrêter pour réfléchir , mais la france prend un autre chemin je crois . A.M

Beaumont a dit…

L'héritage de mai 68 est encore très présent à la fac de Nanterre, où j'ai fait une bonne partie de mes études. Déjà en arrivant (rue de la Folie, entre l'ANPE et la maison d'arrêt), on ne peut pas rater le local des "jeunesses communistes révolutionnaires" ! Dans le bâtiment de socio les étudiants (et beaucoup d'autres) étaient affalés par terre dans un nuage de fumée parfois douteuse... A la moindre occasion c'était la grève générale, les tracts partout, les réunions dans les amphis...

Il faudrait être facho pour vouloir introduire une cérémonie de remise de diplômes là-bas... :-)

Vikr a dit…

Autant je pense que les thaïs ne pensent pas au trente cinq heures ,autant les heures sup. , la rentabilité immédiate, la productivité et l'enrichissement personnel doivent faire partie de leur quotidien. :)

Anonyme a dit…

et pour illustrer mes propos de l'autre jour , je cite P. Burel journaliste à ouest france qui relate la visite d' Etat en Inde du président de la république rançaise : "plus la parade s'avance plus le militaire s'efface, plus le folklore régional prend le dessus . Les danseurs d'Uttar Pradesh et du Penjab rivalisenr devant la tribune présidentielle où Nicolas Sarkosy parait bien éloigné , bien esseulé...et prisonnier du protocole . A l'inverse de ses ministres ( Dati, Yade, Pécresse , Borloo, Morin) et de ses invités (Devidjian, Balkany, POncet, Elkabbach). Une demi heure avant la fin du défilé, les ministres s'éclipsent. Vous imaginez des menbres du gouvernement indien quittant la tribune officielle d'un 14 juillet français avant la fin du show ! .... " .

Je pense que dans peu de temps , après 2012 , le cérémonial et le solennel reprendront de l'importance dans le quotidien . et il y aura aussi plus de civilité dans la politique .

Anonyme a dit…

suite : le journaliste était envoyé spécial à New Delhi il écrit ; " samedi 26 janvier il est 8 heures le soleil pointe ....Menée par Jean louis Borloo et Rachida Dati, qui ont l'air de beaucoup s'amuser, la délégation française prend position à son tour. Elle s'assoit et papote au pied de la tribune officielle ... pour Nicolas Sarkosy, l'invité d'honneur , on passe, évidemment, à la cylindrée supérieure, une grosse mercédes . 10 heures sonnez cornemuses c'est parti pour une parade de deux heures ... ) " . d'après l'article le protocole a duré quatre heures ; deux heures pour prendre place et deux heures de défilé c'était trop long manifestement . On ne peut même pas imaginer le temps qu'il a fallu consacrer aux répétitions et mise en place de cette cérémonie , sans parler du coût . AM.