04 octobre 2007

Psychiatrie

Mardi il y avait un le portrait d'un médecin psychiatre,Taweesilp Visanuyothin, dans The Nation, un des quotidiens thaïs anglophones. C'est la première fois que j'entends vraiment parler de psychiatrie en Thaïlande. Les Thaïs n'en parlent pas. En effet, la maladie mentale est honteuse puisqu'elle révèle un mauvais karma de la personne ou de ses parents. Ce qui veut dire que dans sa vie antérieure elle a fait de grosses bêtises.

Donc la psychiatrie est vraiment le parent pauvre de la médecine. Taweesilp raconte qu'au début des années 90, quand il a fait son internat, il devait s'occuper de 250 patients en 3 heures ! 1 minute 30 par personne. Ca peut aller pour un petit bobo, mais pour une dépression ou autre maladie mentale, c'est dérisoire.

Aujourd'hui ça a l'air d'être un peu mieux pour les traitements. Mais les Thaïs pensent toujours que les malades sont tous fous à lier et dangereux. On voit peu de personnes handicapées mentales dans la rue, elles restent dans les maisons. Question de honte, comme je l'ai expliqué plus haut. Mais peut-être aussi pour les protéger ? Hier j'ai assisté à une scène assez triste : un trisomique 21 marchait tranquillement dans la rue, un sac plastique à la main. Des chauffeurs de taxi sont allés lui parler, et ont voulu lui prendre son sac. Le pauvre trisomique s'est accroché à son sac, les autres l'ont fait tourné en bourrique. On aurait peut-être pu s'attendre à ce comportement de la part d'enfants, mais des adultes ? Même s'ils voulaient seulement s'amuser, ce n'était pas très malin, le trisomique n'a rien compris lui ! Mais voilà, les gens ne sont pas du tout informés sur ce genre de maladies. Ca viendra ? Un huitième jour pour faire évoluer les mentalités ?



3 commentaires:

Sonka a dit…

Je parle souvent de l'Ukraine, c'est vrai qu'on y voit très peu d'handicapés en général (dans la rue, les lieux publics j'entends). Je trouve que la société est assez dure, dans la rue faut toujours faire gaffe de ne pas te faire voler, être discret pour ne pas te faire agresser etc. Mais lors de mon dernier séjour, j'ai été surprise de voir un handicapé en fauteuil roulant faire la manche au milieu du marché, sa casquette posée par terre devant lui. J'ai dit à mon mari : "il a pas peur de se la faire piquer ? il pourra pas courir après..." Réponse : "t'es folle, que quelqu'un ici essaie de toucher à un de ses cheveux, tous les gens autour lui tomberont dessus"
Comme quoi, tout n'est pas comparable.
En revanche, je n'ai jamais vu un seul handicapé mental dans la rue, mon mari dit qu'on les enferme. Et il est à vrai dire assez choqué du nombre de malades mentaux qui se promènent librement dans les rues en France (pas les trisomiques ou malades pacifiques, mais ceux qui sont agressifs) Je ne sais quelle est la meilleure approche...

Anonyme a dit…

en arrivant dans un village de bulgarie , j'ai remarqué des malades mentaux aux alentours , le but de notre visite était le couvent des religieuses bénédictines ; elles nous ont dit qu'une partie des locaux du couvent devenu trop grand pour elles maintenant ( elles sont 11 ) a été transformé en hopital de jour accueillant les malades mentaux . AM.

hanane a dit…

La psychiatrie s'est développée en France et plus généralement en Europe depuis le début du siècle. Seulement elle reste encore pour certaines personnes un monde à part. De ce fait, beaucoup de personnes sont honteuses et taisent leur thérapie en cours car il y a toujours une crainte du regard d'autrui. L'autre partie du monde se débat encore avec tellement de problèmes à régler: le déficit budgétaire, l'inflation des prix, l'éducation trop peu développée pour se tourner vers la psychiatrie qui est toujours considérée comme un luxe!
Les malades mentaux ne sont pas à cacher ils ont leurs réalités propres qu'il faut respecté. Le psychiatre peut aussi bien accompagner des personnes souffrant d'une maladie mentale que d'un trouble mental, l'Occident finira peut être par le comprendre un jour