Cette semaine j'ai fait passer des examens oraux à mes 640 élèves de 4ème. Une opération marathon puisque je devais le faire dans les heures de cours, donc en moyenne, faire passer 50 élèves en 45 minutes. Le déroulement était très simple :
1) L'élève devait me donner son prénom.
2) Je lui demandais de lire une phrase parmi une liste de 20.
3) Je lui posais une question de type : "quel âge as-tu ?", "quel est ta couleur préférée ?"
Au départ il y avait une 4ème étape : identifier deux images (soleil, fleur, téléphone, éléphant...), mais j'ai dû raccourcir l'épreuve, je ne m'en sortais pas.
Bilan : catastrophique.
Je me suis rendue compte que certains élèves ne savent même pas déchiffrer. Ils butent sur des mots comme "my", "the", alors imaginez le reste. Pourtant les Thaïs apprennent l'alphabet latin dès le CP. Dans la pire classe j'en ai 8 sur 50 élèves, c'est un pourcentage élevé !
Beaucoup ne savent pas compter jusqu'à 20, ou même 10 ! Quand je leur demandais de lire la phrase 11, ils n'avaient aucune idée de ce que ça pouvait être. J'ai aussi découvert que certains de mes élèves avaient 23 ou 24 ans. En fait ils confondent 13 et 23...
Ils ne comprennent pas des mots simples comme "lire", "manger", "boire", même si nous avons revu ces thèmes en classe.
Même le mot "prénom" est territoire inconnu pour certains. A la place ils me donnaient, en thaï, leur numéro.
Donc je me demande bien à quoi servent les cours d'anglais pour ces élèves. A quoi bon apprendre qu'il faut un "s" à la troisième personne quand on ne sait pas lire la phrase ? A quoi bon jouer au bingo avec les nombres de 50 à 100 quand on ne sait pas ce qui vient après 7 ?
C'est vraiment désespérant...
30 juillet 2011
26 juillet 2011
Cauchemar rose
Le jour où on m'a dit, à l'école "viens, on va avoir des Tshirts gratuits, on va choisir la taille maintenant", j'étais contente. Un Tshirt gratuit, c'est toujours bien. Et puis j'ai découvert les Tshirts, qui n'en étaient pas d'ailleurs... C'était des polos roses en l'honneur du roi. J'ai déchanté.

Hier, mon polo m'attendait sur mon bureau et mes collègues m'ont dit : On doit le porter tous les mardis. J'ai tiré la tronche.
Je n'aime pas porter de polos.
Je n'aime pas les uniformes.
Je n'aime pas porter des Tshirts en l'honneur de quelqu'un, serait-il roi de Thaïlande. (Attention, j'apprécie le roi, ça n'a rien à voir, et je pense même que les Thaïs devraient l'écouter davantage).
Je n'aime pas porter des hauts royalistes.
Je n'aime pas spécialement le rose layette.
Je n'aime pas les polos XXL (oui, le reste c'était trop petit ! Pourtant je suis loin d'être la plus grosse prof de l'école. Ce qui fait que ma garde-robe va du M au XXL, ça fait sérieux, tiens !)
Je n'aime pas qu'on me dise ce que je dois porter, tout simplement.
Aujourd'hui, dès mon arrivée, j'ai constaté que plusieurs profs ne portaient pas leur polo. J'ai posé la question à l'une d'entre elle, c'est parce qu'elle avait une réunion à l'extérieur. J'avoue que je n'ai pas compris, je pensais que c'était un honneur pour les Thaïs où qu'ils aillent. Donc, mardi prochain, moi aussi j'aurai une réunion ailleurs !
23 juillet 2011
Loooooooong beans
Le long bean c'est le cousin tropical de notre haricot vert. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il fait honneur à son nom. En français on peut l'appeler haricot/pois kilomètre ou dolique asperge (moins rigolo).

Ceux-ci font environ 60 cm mais on peut en trouver des plus longs, au moins 80 !
Niveau cuisine, les Thaïs les mangent crus ou à peine cuits. Mais moi je n'aime pas ce goût de verdure, je les fais bouillir. Longtemps, longtemps, longtemps...
Ceux-ci font environ 60 cm mais on peut en trouver des plus longs, au moins 80 !
Niveau cuisine, les Thaïs les mangent crus ou à peine cuits. Mais moi je n'aime pas ce goût de verdure, je les fais bouillir. Longtemps, longtemps, longtemps...
22 juillet 2011
J'ai tué un officier d'immigration
C'est la seule explication que je vois pour expliquer mes déboires avec les visas. Dans une vie antérieure j'ai forcément tué un officier d'immigration, et maintenant je dois payer pour ça. Le mauvais karma, ça nous poursuit longtemps !
Il y a 3 semaines, j'avais demandé à l'école de me fournir les papiers nécessaires au renouvellement de mon visa (quand on arrive on n'a que 3 mois). Ca devait être fait la semaine suivante, mais bien entendu je ne les ai eus que 2 semaines après, lundi dernier précisément.
Mardi étant le dernier jour des vacances, j'en profite pour aller au bureau de l'immigration à Chiang Mai. Il est noir de monde : il était fermé vendredi et lundi à cause des jours fériés, il faut rattraper le retard. Je prends un ticket : 216. Arrivée avant 9h, je rencontre l'officier vers 11h15. Elle m'annonce rapidement qu'il me manque un papier.
Forcément, l'école m'avait déjà fait le coup quand j'étais à Taïwan...
La dame est très gentille, elle appelle même l'école pour leur expliquer. Mais elle ne peut rien faire pour moi, il faut que je revienne avec le bon papier.
Mercredi, j'ai l'explication. La prof qui s'est occupée de mon dossier pensait que je n'avais pas besoin de ce papier là. Elle est nouvelle et ne sait pas encore que pour les questions de visa, on ne pense pas, on applique. Si un papier est dans la liste, il faut le présenter, un point c'est tout.
Ce même jour, je demande au chef du département des langues étrangères de réserver une voiture pour que j'y retourne vendredi. Ok ok, pas de problème.
Le lendemain, jeudi, je lui demande confirmation : ok ok, pas de problème.
Ce matin, pas de voiture à l'heure demandée. Je vais voir le chef et lui fait part de ce problème légèrement gênant. Il me répond : non, je suis venu en scooter. (!)
En fait, il n'avait rien compris à ma demande. Le chef de département ne parle pas anglais... Ce qui ne l'empêche pas de l'enseigner à des lycéens depuis des années, notez bien. Et il n'est pas le seul...
Heureusement, les Thaïs ont l'habitude des choses faites à la dernière minute, et 20 minutes après, un minibus arrive. Il est 7h50.
A l'immigration, il y a beaucoup moins de monde que mardi, je me dis que ça ira vite. Alors que je suis dans la file pour récupérer un ticket, j'entends qu'on appelle mon nom. Tiens, Ajarn Yusaku, mon collègue prof de japonais ! C'est donc pour ça qu'il a pointé à 6h40 ce matin... Le gentil stagiaire préposé au ticket me donne le mien : 234. Ce qui veut dire que je ne passerai pas avant... le milieu de l'après-midi ! D'après Ajarn Yusaku (n° 211, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt), le vendredi est un jour particulièrement prisé pour les profs...
Je décide donc de retourner à l'école et revenir cet après-midi. Je n'ose pas redemander le minibus de l'école, alors c'est John qui me conduira en scooter.
Arrivée à 14h30 je ressors à 15h30 avec mon visa en règle. Ouf ! L'ancien expire demain, c'était moins une ! (en fait lundi ça aurait passé, mais il ne fallait pas le dire à l'école, c'était vraiment en cas d'extrême nécessité)
Il y a 3 semaines, j'avais demandé à l'école de me fournir les papiers nécessaires au renouvellement de mon visa (quand on arrive on n'a que 3 mois). Ca devait être fait la semaine suivante, mais bien entendu je ne les ai eus que 2 semaines après, lundi dernier précisément.
Mardi étant le dernier jour des vacances, j'en profite pour aller au bureau de l'immigration à Chiang Mai. Il est noir de monde : il était fermé vendredi et lundi à cause des jours fériés, il faut rattraper le retard. Je prends un ticket : 216. Arrivée avant 9h, je rencontre l'officier vers 11h15. Elle m'annonce rapidement qu'il me manque un papier.
Forcément, l'école m'avait déjà fait le coup quand j'étais à Taïwan...
La dame est très gentille, elle appelle même l'école pour leur expliquer. Mais elle ne peut rien faire pour moi, il faut que je revienne avec le bon papier.
Mercredi, j'ai l'explication. La prof qui s'est occupée de mon dossier pensait que je n'avais pas besoin de ce papier là. Elle est nouvelle et ne sait pas encore que pour les questions de visa, on ne pense pas, on applique. Si un papier est dans la liste, il faut le présenter, un point c'est tout.
Ce même jour, je demande au chef du département des langues étrangères de réserver une voiture pour que j'y retourne vendredi. Ok ok, pas de problème.
Le lendemain, jeudi, je lui demande confirmation : ok ok, pas de problème.
Ce matin, pas de voiture à l'heure demandée. Je vais voir le chef et lui fait part de ce problème légèrement gênant. Il me répond : non, je suis venu en scooter. (!)
En fait, il n'avait rien compris à ma demande. Le chef de département ne parle pas anglais... Ce qui ne l'empêche pas de l'enseigner à des lycéens depuis des années, notez bien. Et il n'est pas le seul...
Heureusement, les Thaïs ont l'habitude des choses faites à la dernière minute, et 20 minutes après, un minibus arrive. Il est 7h50.
A l'immigration, il y a beaucoup moins de monde que mardi, je me dis que ça ira vite. Alors que je suis dans la file pour récupérer un ticket, j'entends qu'on appelle mon nom. Tiens, Ajarn Yusaku, mon collègue prof de japonais ! C'est donc pour ça qu'il a pointé à 6h40 ce matin... Le gentil stagiaire préposé au ticket me donne le mien : 234. Ce qui veut dire que je ne passerai pas avant... le milieu de l'après-midi ! D'après Ajarn Yusaku (n° 211, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt), le vendredi est un jour particulièrement prisé pour les profs...
Je décide donc de retourner à l'école et revenir cet après-midi. Je n'ose pas redemander le minibus de l'école, alors c'est John qui me conduira en scooter.
Arrivée à 14h30 je ressors à 15h30 avec mon visa en règle. Ouf ! L'ancien expire demain, c'était moins une ! (en fait lundi ça aurait passé, mais il ne fallait pas le dire à l'école, c'était vraiment en cas d'extrême nécessité)
18 juillet 2011
17 juillet 2011
Couroupita Guianensis
Hier, pour la première fois nous avons vu des couroupita guianensis, aussi appelés boulets de canon. Quand on voit les fruits de cet arbre originaire d'Amérique (centre et sud), on comprend vite d'où vient son nom !

Si j'en crois wikipedia, la pulpe bleuit à l'air libre et sent mauvais.
Les fleurs sont également particulièrement remarquables :


Si j'en crois wikipedia, la pulpe bleuit à l'air libre et sent mauvais.
Les fleurs sont également particulièrement remarquables :

11 juillet 2011
Le parc invisible
Nous avions décidé de passer 2 jours dans le parc national de Mae Wang, province de Chiang Mai. La frontière entre les provinces de Lamphun et Chiang Mai est toute proche de chez nous, à peine 5 kilomètres.
J'avais relevé les noms de quelques endroits me paraissant intéressants. La stratégie était simple : suivre les panneaux pour arriver jusqu'au parc, puis demander des informations aux employés.
Mais ça ne marche pas pour tous les parcs. En effet, nous ne l'avons pas trouvé et personne, pas même les habitants de Mae Wang eux-mêmes, n'en a entendu parler. Voilà un mystère ! Il est pourtant mentionné sur internet. Même chose pour le point culminant, Pha Daeng. Inconnu au bataillon malgré ses respectables 1909 mètres. Bizarre, bizarre.
Par conséquent, après une petite balade jusqu'à la cascade Mae Wang (tiens, elle existe celle-là, dommage qu'elle ne soit pas très intéressante), nous sommes rentrés à la maison.

J'ai quand même quelques photos de campagne à vous montrer.




Et une gracile demoiselle tissant sa toile.
J'avais relevé les noms de quelques endroits me paraissant intéressants. La stratégie était simple : suivre les panneaux pour arriver jusqu'au parc, puis demander des informations aux employés.
Mais ça ne marche pas pour tous les parcs. En effet, nous ne l'avons pas trouvé et personne, pas même les habitants de Mae Wang eux-mêmes, n'en a entendu parler. Voilà un mystère ! Il est pourtant mentionné sur internet. Même chose pour le point culminant, Pha Daeng. Inconnu au bataillon malgré ses respectables 1909 mètres. Bizarre, bizarre.
Par conséquent, après une petite balade jusqu'à la cascade Mae Wang (tiens, elle existe celle-là, dommage qu'elle ne soit pas très intéressante), nous sommes rentrés à la maison.

J'ai quand même quelques photos de campagne à vous montrer.




Et une gracile demoiselle tissant sa toile.
Inscription à :
Articles (Atom)
