13 août 2013

Jie Zi

Ce matin nous avons pris la direction de Jie Zi, une petite ville près de la fameuse montagne Qing Cheng. Vous ne connaissez pas Qing Cheng Shan ? Bon, sachez que c'est connu à Chengdu. Si on y va un jour, quand on sera décidé à payer plus cher pour y monter que pour approcher le sommet de la Tour Eiffel, je vous en parlerai.

Pour aller à Jie Zi nous sommes d'abord allés jusqu'au terminus de la deuxième ligne du métro, Xipu. Une bonne heure de trajet. Là, nous devions prendre le train. Les urbanistes ont eu la bonne idée de construire la station de métro juste à côté de la gare. Ca nous évitait de passer par la gare du nord de Chengdu qui est aussi bondée qu'inhospitalière. Sauf qu'à la gare on nous a appris qu'il n'y avait plus de place dans le train. Ca alors ! Un mardi, on pensait que la réservation n'était pas utile. On n'a pas encore le réflexe chinois du "il y a du monde partout". On s'est alors fait alpagués par la rabatteuse d'une compagnie de car. Comme on ne voulait pas attendre le prochain train, 4 heures plus tard, on a pris le bus. Le trajet a duré une heure contre 28 min en train, a coûté 25 yuans contre 10, et en prime on a eu le droit à un chauffeur qui parlait au téléphone ET fumait en conduisant. La prochaine fois, c'est sûr, on réservera nos billets de train !

Ensuite il nous a encore fallu aller de la gare de Qing Cheng Shan à Jie Zi. La gare, flambant neuve, a été construite au milieu de nulle part, un peu dommage. Ce n'est pourtant pas la place qui manque dans le coin. 


On est donc montés dans un vieux bus fleurant bon la Thaïlande. Et une vingtaine de minutes après, voilà enfin Jie Zi. Long trajet, mais ça fait aussi partie du voyage.

Là bas on est accueilli par des panneaux "Welcome to Jie Zi, ancient town". Effectivement, c'est une ville ancienne qui date de 09. Pas 1909, 2009 ! C'est donc une vraie fausse vieille ville de plus, comme les Chinois aiment en faire. C'est vrai que c'est plus agréable que les centre-villes en béton. Mais dommage qu'on n'ait pas gardé de vraies vieilleries et qu'il faille tout refaire. 

Visite en images 




Le théâtre de plein air


Admirez les détails 


 Bonne soupe de nouilles au boeuf à petit prix


Ceci n'est pas une mariée (ce sont deux copines qui se payent des déguisements et un photographe pour faire des photos souvenirs)



Un aqueduc



Il faut avouer que c'est vraiment bien fait. Si on ne sait pas à quand remonte le permis de construire, on y croit à la Chine éternelle. 


On a détruit les traces du passé, et maintenant on reconstruit. Bon, d'accord, on n'est pas responsable des erreurs commises par ceux qui nous ont précédés. Mais est-ce vraiment nécessaire de tout refaire de la même façon ? Les trois villes "anciennes" que nous avons visitées présentent les mêmes caractéristiques : ruisseau qui sépare la rue principale en deux, statues de vieux métiers, reconstitution d'outils d'autrefois, des meules, des moulins... La première fois, à HuangLongXi j'ai trouvé ça charmant. La troisième, beaucoup moins... 





12 août 2013

A l'hôpital

Je n'avais pas encore eu l'occasion de vous parler des hôpitaux chinois, et c'est tant mieux. Mais nous y sommes allés trois fois en quelques semaines, j'ai de quoi rédiger un article. 

Je rappelle qu'ici, comme en Thaïlande, il n'y a pas de médecine de ville (à part les cabinets de médecine traditionnelle). On va donc à l'hôpital pour toutes les pathologies.

Une fois pour John, à l'hôpital du quartier. Flambant neuf, on y passerait nos journée. Et comme il n'y avait personne, tout s'est passé très vite. 

Deux fois pour Judikael. Pour lui, on a opté pour l'hôpital universitaire, l'établissement le plus réputé de Chengdu. La première fois, c'était un samedi soir. Il n'y avait presque personne, on n'a pas attendu longtemps. Et puis il était déjà presque guéri en arrivant. 

Nous y sommes retournés ce matin pour un petit check-up. La prochaine fois, si prochaine fois il doit y avoir, on ira en soirée, c'est sûr. Aujourd'hui c'était insupportable. Imaginez un hall de gare un jour de grands départs. C'était pareil. Mais avec encore moins de sièges disponibles je pense. Les gens doivent attendre sur le trottoir, debout, les bébés malades dans les bras. Le trottoir longe une des avenues les plus fréquentées de Chengdu. Il est enfumé, parcouru par les motos-taxi, et parsemé de petites flaques, là où on a mis les enfants à faire pipi. Super salle d'attente, hein ? Et en hiver, c'est bien-sûr encore pire. 

Je trouve que c'est vraiment indigne d'un pays qui se targue d'être la deuxième puissance économique mondiale. Au lieu de viser la croissance à tout crin, on pourrait penser à améliorer la vie des habitants, non ? Et là, c'est un hôpital de ville, pour les privilégiés. Je n'ose pas imaginer l'état des infrastructures à la campagne, si elles existent. 

Comme on consultait parce qu'on trouve Judikael un peu trop fluet, on s'est dit qu'on allait profiter d'être à l'hôpital pour le peser et le mesurer correctement. Mais... c'est payant ! Une somme minime, 2 yuans, mais le concept est dérangeant. On s'est dit qu'on attendrait de voir le docteur.

On a attendu environ 1h15 et notre tour est enfin arrivé. Le nom de Didi s'est inscrit sur le tableau d'affichage de la salle 2.


On a pénétré dans un local d'environ 10m2. Il y avait déjà 8 personnes dedans. Le docteur, une infirmière qui prend des notes à l'ordinateur. Un bébé et ses parents, un enfant, sa mère et sa grand-mère. Eh oui, les consultations se passent en présence des patients suivants. Secret médical ? Connaît pas ! En Thaïlande aussi, il y a ce genre d'aberrations. 

Le docteur n'a pas pris les mesures, et l'examen a été vite expédié. Il faut dire que Judikael était son 40ème enfant de la matinée. Ce qui était un rythme plutôt lent, puisque les autres docteurs flirtaient avec les 60 voire 70. Je ne sais pas à quelle heure ils avaient commencé, mais on peut parier qu'ils voient plus de 12 patients par heure.  Médecine à la chaîne, je me demande quelle satisfaction ils y trouvent. 

Ensuite il a fallu faire la queue pour payer les médicaments, (on avait payé la consultation, dès notre arrivée). Puis attendre que le nom du bonhomme s'affiche sur l'écran de la pharmacie pour recevoir les fortifiants, huile de foie de morue en tête. Ouf, c'est fini, dehors ! 

Cet hôpital dispose d'un service international. Les docteurs parlent anglais et pour les examens on est accompagné d'une infirmière anglophone. C'est moins encombré. Mais ça coûte jusqu'à 10 fois plus cher ! (100 yuans contre 11 pour la consultation). Comme on n'a pas besoin de traducteur on peut s'en passer, mais c'est peut-être une solution pour les cas plus problématiques. 

10 août 2013

Le parc Baihuatan

Après le parc de la culture, direction le parc Baihuatan, situé tout près. C'était autrefois le zoo de Chengdu. 

Pour y entrer, nous traversons un joli pont. De magnifiques saules nous attendent sur la rive opposée. 


On commence par le jardin des plantes en pot, comme dit le panneau. En fait, ce sont des bonzaïs !


Cet arbre, un gingko biloba, aurait 1300 ans !


 Ce parc ressemble au parc de la culture, les pédalos en moins. Voici l'entrée d'une des nombreuses maisons de thé. 


Encore une fois, un bel endroit où flâner et se ressourcer. 

Le parc de la culture

L'été à Chengdu, soit il fait trop chaud pour sortir avec un bébé, soit il pleut. Mais cet après-midi, profitant de la fraîcheur relative et d'un temps (presque) sec, nous avons visité le parc de la culture. Il se situe dans le centre ville, pas très loin du parc du peuple dont je vous ai déjà parlé. 

A notre descente du bus, quelle surprise, une belle porte ! Elles sont rares à Chengdu.

La rue qui mène au parc est construite en style traditionnel. Même si c'est récent, j'adore !

Le parc est agréable et calme. A part les insectes chanteurs, auxquelles on mettrait bien des sourdines. Des pédalos, des maisons de thé, des joueurs de mahjong, un vieux qui se promène avec son transistor autour du cou...


Et les plus belles toilettes que j'ai vues à Chengdu (à part dans les grands hôtels). On peut s'asseoir, c'est propre, petite musique d'ambiance, et aquarium ! 

Petit détour par le square des martyrs. Des communistes tués par des soldats nationalistes en 1949 sur un pont proche du parc. L'époque était sanglante, je ne connais pas la destinée de ce groupe particulier, pourquoi ces hommes ont-ils marqué l'histoire ? En tout cas, le quartier est riche en martyrs, le parc du peuple a aussi les siens. 


Et nous voilà à l'espace réservé aux enfants. Les manèges et attractions ne datent pas d'hier. Et les clients sont rares. On se croirait presque dans une fête foraine fantôme.


 Les grands pêchent.


Et quelques petites filles s'initient à la poterie.


Un bien joli parc, plus calme que son célèbre voisin.

09 août 2013

Des patates !

 La Bretonne que je suis apprécie que les pommes de terre soit relativement répandues ici. Récemment on a découvert des vendeurs de patates rissolées dans le quartier. Elles sont délicieuses et les vendeurs joviaux, ça mérite un petit message ici.

Nouilles (en haut à droite) ou pommes de terre ? Pour moi la question ne se pose pas. On choisit ce qu'on veut ajouter : épices, piment, sel, ciboule, chou fermenté, des trucs dont on ne connaît pas le nom.


Et ça donne ça. Bon appétit !


Nous ne sommes pas les seuls amateurs. 


03 août 2013

Parade rouge et or

Que font ces femmes ?





a. elles manifestent pour le relèvement des retraites des femmes.
b. elles font de la publicité pour un restaurant.
c. elles recrutent de nouveaux membres pour leur club de tai-chi.
d. elles commémorent l'instauration d'un système équitable d'héritage.

C'est effectivement de la pub. Bravo à AM, Sonka et Léti ! Pour faire connaître son nouveau commerce (restaurant, salon de coiffure, etc), on peut louer les services d'un tel groupe de retraités. Généralement composé de femmes, mais pas uniquement, il se fera un plaisir de déambuler dans les rues du quartier au son des tambours. Les pancartes annoncent l'ouverture, et les personnes peuvent aussi distribuer des tracts. Elles sont toujours habillées en rouge et jaune, les couleurs de la fête en Chine.

Devant le nouveau magasin on aura pris soin de disposer des compositions florales. Là aussi le rouge domine.


01 août 2013

Ah les parents

Il y a quelques temps, John m'a dit : "quand Judikael aura 20 ans, on partira en vacances à vélo". Ce à quoi j'ai répondu : "Pas sûr qu'il veuille passer ses vacances avec son père." Et John a rétorqué : "Ben, pourquoi pas ?".

Oui, pourquoi pas ? Les jeunes occidentaux préfèrent partir avec leurs copains. Mais en Asie, les vacances en famille c'est normal à tout âge. On verra dans 20 ans par quelle culture Judikael a été le plus influencé.

Les jeunes ici ont souvent peur de leurs parents. Aujourd'hui nous avons proposé à un de mes élèves d'arrêter le cours et repartir du début plus tard. Il a vraiment de grosses difficultés. Il a dit qu'il devait en parler avec son père. J'ai appris après qu'il fait croire à son père qu'il a des bonnes notes et que tout va bien en classe. Que va-t-il faire ? Dire la vérité à son père ou continuer à perdre son temps dans un cours auquel il ne comprend rien ?

Le père d'un autre élève est passé à l'école récemment. Il devait se douter de quelque chose. Et effectivement son fils n'en fiche pas une, et même dort en cours. J'ai tout essayé, l'humour, les réprimandes, la violence (ses voisins sont chargés de le taper quand il s'endort), rien ne marche. Le père a vu ma collègue chinoise. Qui lui a dit que tout allait bien... Pour ne pas faire perdre la face à l'élève. D'accord, c'est important ici, mais à un moment il faut se confronter à la réalité ! Moi j'aurais bien aimé que son père lui serre la vis.

Et je vais vous étonner, je parle là de personnes ayant respectivement 24 et 18 ans. Pas des ados. Asie ne rime vraiment pas avec autonomie. 

Et puisque je vous parle de mensonges et de triches, regardez, ils ont même copié Paris : http://golem13.fr/tianducheng/