Nous avions décidé de passer 2 jours dans le parc national de Mae Wang, province de Chiang Mai. La frontière entre les provinces de Lamphun et Chiang Mai est toute proche de chez nous, à peine 5 kilomètres.J'avais relevé les noms de quelques endroits me paraissant intéressants. La stratégie était simple : suivre les panneaux pour arriver jusqu'au parc, puis demander des informations aux employés.Mais ça ne marche pas pour tous les parcs. En effet, nous ne l'avons pas trouvé et personne, pas même les habitants de Mae Wang eux-mêmes, n'en a entendu parler. Voilà un mystère ! Il est pourtant mentionné sur internet. Même chose pour le point culminant, Pha Daeng. Inconnu au bataillon malgré ses respectables 1909 mètres. Bizarre, bizarre.Par conséquent, après une petite balade jusqu'à la cascade Mae Wang (tiens, elle existe celle-là, dommage qu'elle ne soit pas très intéressante), nous sommes rentrés à la maison.
J'ai quand même quelques photos de campagne à vous montrer. 


Et une gracile demoiselle tissant sa toile.
Tiens, voilà le chinois qui revient. En fait, il n'est jamais loin puisque John donne des cours à domicile et que c'est la langue qu'il parle au téléphone avec sa famille.Culinairement mon séjour à Taïwan n'a pas été à mon goût, mais il y a un plat que je voulais essayer de faire. Surtout avec la possibilité d'y mettre ce qui me plaisait. Les raviolis.Ce n'est pas vraiment la saison, puisque les jiao zi sont un des plats typiques du nouvel an, mais rien n'empêche d'en manger tout au long de l'année. J'ai donc entrepris d'en faire aujourd'hui.Premier constat, ça prend du temps ! Il m'a fallu plus d'une heure pour faire mes 16 premiers raviolis. Les voici.
Ils ne sont pas très réguliers, trop longs et ressemblent plus à des petits cochons qu'à de vrais jiao zi, mais pour un premier essai, c'est pas mal. Et les mêmes après cuisson :
Verdict des juges : bons, mais un effort à faire pour le façonnage des disques de pâte, le centre est trop épais. Mention assez bien. Voici la recetteLa farce d'abordOn peut trouver plein de farces différentes, chacun fait ce qu'il veut. Voici ma recette300g de porc haché. C'est généralement du porc dans les jiao zi, mais on peut y mettre autre chose aussi.1 œufdu gingembre haché (environ 3-4cm d'une petite racine. Le goût est très présent, nous on adore ça, mais si le gingembre n'est pas votre tasse de temps, mettez-en moins)deux cuillères à soupe de sauce de sojaune petite cuillère de pâte de curry massamanun peu de nam pla (nuoc nam)J'ai cuit le tout, mais en fait on peut mettre la farce cru directement dans les raviolis, ça fait une étape en moins. La pâteJ'ai suivi les explications en vidéo du site marmiton. Elles sont bien faites et claires. Par contre pour la pâte j'ai eu besoin de 2 fois plus d'eau, soit environ 20 cl. Comme je n'en ai pas, je n'ai pas mis de sel.La pâteLe façonnage et la cuissonPour le façonnage, la prochaine fois j'aplatirai bien l'ensemble du lingot au rouleau (enfin, à la bouteille de sauce d'huître dans mon cas) avant de m'occuper des côtés. Voilà, à vous ! Et montrez-moi vos petits cochons !
Vous avez peut-être entendu ce matin que le parti Pheu Thai (partisans de Thaksin, l'ancien premier ministre en exil) a largement gagné les élections législatives d'hier. Ils obtiennent 262 sièges (sur 504) contre 160 pour le parti démocrate qui était au pouvoir jusqu'à maintenant. Cette victoire n'est pas une surprise, tout le monde s'y attendait. Yingluck, qui n'est autre que la petite sœur de Thaksin, devrait devenir premier ministre. Tout le monde sait aussi que c'est la marionnette de son frère, d'ailleurs il dit d'elle que c'est son clone. Quelque part, c'est peut-être rassurant. En effet, Yingluck n'a aucune expérience en politique. Ayant siégé 3 ans au conseil municipal enfants de Plougastel, j'ai même plus d'expérience qu'elle, c'est dire ! Une novice en tant que premier ministre c'est un peu inquiétant dans un pays troublé, mais voyons... A moins qu'elle laisse la place à un lieutenant ? Après tout, il y a quelques semaines Thaksin assurait qu'il ne laisserait pas sa sœur accéder au poste si exposé de premier ministre. Dans une interview hier il a dit le contraire, mais qui croire ? Thaksin ou Thaksin ?Une autre interrogation, c'est le temps qu'il faudra avant que l'armée trouve un moyen de chambouler la situation. Coup d'état comme en 2006 ? Intervention providentielle de la justice comme en 2008 ? (Le premier ministre Samak avait été prié de rentrer chez lui parce qu'il animait une émission culinaire à la télé). Le général en chef avait appelé les Thaïs à voter pour "les bonnes personnes". Ils ont choisi l'autre camp, mais l'armée n'a pas pour habitude de se conformer à la voix des urnes. Aujourd'hui, chacun appelle à la réconciliation, mais à mon avis, la Thaïlande n'est pas sortie de l'auberge...
Au fait, je ne sais pas comment ils disent à la télé/radio française, mais Yingluck se prononce "yinglac", pas "luck" en anglais.
Je cuisine beaucoup. Presque tout ce que nous consommons est fait maison. Il y a plusieurs raisons.Par plaisir d'abord. J'aime cuisiner. Et encore plus partager et manger mes plats.Pour le prix aussi. Malgré ce qu'on entend souvent, ça reste moins cher de cuisiner que de manger dans la rue. Certes, l'assiette de base est bon marché, mais elle est souvent assez peu garnie. John est rarement calé avec une seule commande, il doit demande un deuxième plat. A la maison, on peut manger à volonté.Par conviction. Contrairement aux biscuits du commerce, mes pains au chocolat ne contiennent ni conservateurs, ni huile de palme. Dans mes currys il n'y a que des bonnes choses. Pas de msg, pas trop de sel ou de matière grasse... Bon, évidemment, comme on ne produit pas nos fruits et légumes on n'est pas à l'abri des pesticides et autres cochonneries, mais au moins on limite les dégâts.Par imitation peut-être aussi. Quand on a toujours vu sa mère cuisiner, ça semble presque évident de faire la même chose.John aime bien ça aussi. Il prend le relais quand je suis fatiguée ou pour certains plats dont il a le secret. Mais voilà, j'ai un problème.Comme notre cuisine est ouverte, elle ne fait pas rempart aux moustiques... Et ils l'aiment, ma cuisine ! Même quand je fais de la soupe à la citronnelle, ils viennent voler autour de mon wok. L'odeur les met en appétit, et bien sûr, ils en profitent pour festoyer sur mes jambes et mes bras.Pourtant j'ai des armes de destruction massives.
La raquette tueuse est efficace, mais c'est difficile de voir les ennemis arriver quand on a l’œil rivé sur la progression de sa béchamel.
Les "escargots d'encens" marchent bien aussi, mais ils sont un peu lents au démarrage.Je pourrais passer mon temps en pantalon et manches longues, mais il fait un peu chaud. Et je mets déjà du spray tous les matins pour aller travailler, le DEET ce n'est pas du pipi de chat, je ne veux pas en abuser. Alors j'ai une technique. Je danse. Une danse à tendance autiste puisqu'en général je me contente de changer mon appui d'une jambe à l'autre. J'ai l'air bizarre, mais tant que mon corps est en mouvement, les moustiques ne peuvent pas se poser. Bon, ça ne marche pas toujours, je suis bien obligée de m'arrêter par moment, ne serait-ce que pour les opérations de précision. Et parfois j'oublie. Mais ça aide !
Hier en fin de journée, j'ai appris que j'étais réquisitionnée pour faire partie du jury d'un concours ce matin. Il s'agit du premier tour d'un concours de discours improvisés pour les collégiens et lycéens. Après avoir tiré un sujet au sort, ils ont 5 minutes pour préparer un discours d'environ 5 minutes en anglais. Ca, c'est ce qui était sur les instructions officielles. Ce matin, on a commencé par abaisser le temps de parole. Une excellente idée, parce que parler 5 minutes dans une langue étrangère, c'est impossible quand on n'a que 5 minutes pour préparer.Ensuite, les profs thaïs se sont mis d'accord sur le fait que, pour les collégiens, le thème serait libre. J'ai accepté, ça me semblait faciliter les choses pour les participants.Puis, j'ai découvert la supercherie.En fait, tous les profs avaient écrit des discours pour leurs élèves. Ceux-ci ont, tant bien que mal, essayé de les mémoriser, mais pour beaucoup l'exercice s'est révélé impossible : ils butaient sur les mots, disaient le début d'une phrase et la fin d'une autre, s'arrêtaient sans cesse. Et moi, j'essayais de me contenir et de continuer à noter cette mascarade. Pourquoi les profs font-ils ça ? Pour sauver la face de l'école et la leur ! La face, c'est plus important que l'honnêteté, le fair-play et l'esprit de compétition... Ecoeurant mais bien réel ! Petite satisfaction : mon élève, Rie, est sélectionnée pour la suite. Elle a écrit tout toute seule, son discours était peut-être moins construit et contenait plus de fautes que les autres (et encore !), mais surtout elle était naturelle. En fait, elle doit sa victoire au fait qu'elle était dans une catégorie spéciale : son père étant japonais, elle n'avait pas le droit de participer avec les Thaïs thaïs. Mais elle a battu Michael, dont le père est américain. Ce qui ne veut rien dire, parce qu'à son accent, je peux dire que Michael ne parle pas anglais à la maison (pas plus que Rie d'ailleurs). Donc je ne comprends pas l'intérêt de ces catégories...La suite mardi à Lampang, la province voisine.